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Linteau en bois : prix, choix et méthode de pose pour une ouverture durable

  • Un linteau en bois est une poutre placée au-dessus d’une porte, d’une fenêtre ou d’une cheminée. Il reprend la charge du mur qui se trouve au-dessus.
  • Prix indicatif fin 2026 : 15 à 40 € le mètre en résineux traité, 50 à 150 € en chêne massif, 30 à 90 € en lamellé-collé.
  • Pose : au moins 20 cm d’appui de chaque côté, étaiement obligatoire si le mur est porteur, bois isolé du mortier humide.
  • Sur un mur porteur ou en façade, faites valider le projet par un professionnel et vérifiez les démarches en mairie.

Vous hésitez entre un linteau en bois et un linteau préfabriqué en béton ? Ou vous cherchez simplement comment poser un linteau dans un mur sans fragiliser la maison ? Le bois garde toute sa place. Il est léger, se coupe à la scie, s’accorde avec les murs en pierre et les maisons à colombages, et reste abordable. Il lui faut en revanche une essence durable, une section bien calculée et une mise en œuvre qui le protège de l’humidité. Ce guide compare les prix, explique comment choisir son linteau, puis détaille la pose et les erreurs qu’on retrouve le plus souvent sur les chantiers.

À quoi sert un linteau en bois et où l’utiliser

Le linteau est la pièce horizontale placée au-dessus d’une ouverture. Il reprend le poids de la maçonnerie située au-dessus de la baie et le reporte sur les jambages, c’est-à-dire les parties de mur de chaque côté. Sans lui, le mur se fissure en escalier, puis il s’affaisse.

Pendant des siècles, le linteau de bois a été la norme dans les maisons rurales françaises. Le béton armé et l’acier l’ont ensuite largement remplacé dans la construction neuve. On le retrouve aujourd’hui dans quatre situations principales :

  • Rénovation de bâti ancien : remplacer un linteau d’origine pourri par un bois de même nature garde le mur en pierre ou en pisé cohérent.
  • Construction à ossature bois : le linteau fait partie de la structure. Il est souvent en bois massif ou en lamellé-collé.
  • Ouvertures intérieures : percer une cloison ou un mur de refend pour élargir un passage entre deux pièces.
  • Décor : un linteau bois intérieur apparent, en chêne vieilli, habille une baie sans rôle porteur.
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Avant de créer une baie, demandez-vous s’il faut vraiment ouvrir. Pour un salon trop cloisonné, une Séparation en bois ajourée apporte souvent de la lumière sans toucher à la structure. Le dossier consacré à la Séparation de pièces compare d’ailleurs les solutions qui organisent un volume sans gros travaux.

Côté essences, le chêne reste la référence pour sa densité et sa durabilité naturelle. Le douglas et le mélèze coûtent moins cher et résistent bien s’ils sont purgés d’aubier. Le sapin et l’épicéa doivent être traités au minimum en classe 2 à l’intérieur, et en classe 3 s’ils risquent d’être exposés à l’humidité. Le lamellé-collé, enfin, permet de grandes portées avec peu de déformation.

Prix d’un linteau bois et d’un linteau préfabriqué : fourchettes chiffrées

Les tarifs ci-dessous sont des fourchettes relevées en négoce et en grande surface de bricolage fin 2026, livraison non comprise. Ils varient selon la région, la section et la qualité du bois.

Type de linteau Usage typique Prix indicatif
Résineux traité (sapin, épicéa) Cloison, petite ouverture intérieure 15 à 40 € le mètre linéaire
Douglas ou mélèze massif Fenêtre, porte, bâti ancien 30 à 70 € le mètre linéaire
Chêne massif Bâti ancien, linteau apparent 50 à 150 € le mètre linéaire
Lamellé-collé Grande portée, ossature bois 30 à 90 € le mètre linéaire
Linteau préfabriqué béton Maçonnerie neuve en parpaing ou brique 10 à 25 € le mètre, environ 60 à 130 € pour un modèle de 5 m
Profilé acier (IPN, HEA) Création de baie dans un mur porteur 25 à 80 € le mètre, traitement non compris

Si vous passez par un maçon, ajoutez la main-d’œuvre. Remplacer un linteau de fenêtre dans un mur non porteur se facture souvent entre 400 et 1 000 €. Créer une ouverture dans un mur porteur (étaiement, linteau et reprise des jambages) dépasse fréquemment 1 500 à 3 000 €, et l’étude de structure s’y ajoute. Chercher le meilleur prix sur la pièce seule est donc un faux calcul : un linteau sous-dimensionné coûte bien plus cher à reprendre.

Comment choisir son linteau : bois, béton ou acier ?

Le choix dépend d’abord du mur qui le reçoit, puis de la portée et enfin du rendu souhaité. Quelques repères :

  • Mur en pierre, pisé ou colombage : le linteau en bois respecte la souplesse du mur ancien et le laisse respirer. Le béton, rigide et étanche, peut provoquer des fissures et des zones humides.
  • Mur en parpaing ou en brique : le linteau préfabriqué en béton s’intègre à la maçonnerie et ne craint pas l’eau. C’est l’option la plus simple en construction neuve.
  • Grande ouverture dans un mur porteur : un profilé acier ou une poutre en lamellé-collé, dimensionnés par un bureau d’études.
  • Ouverture décorative ou cloison légère : un bois massif de section modeste suffit. Ici, c’est surtout l’aspect qui compte.
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Pour la section, les ateliers utilisent un repère simple : une hauteur de linteau proche du dixième de la portée pour un bois massif chargé, soit environ 12 à 15 cm pour une fenêtre de 1,20 m. Ce n’est qu’un ordre de grandeur, pas un calcul. Dès que la pièce supporte un plancher, une charpente ou un étage, sa section doit être déterminée par un professionnel.

Comment poser un linteau en bois pas à pas

La méthode ci-dessous concerne la pose d’un linteau bois dans une ouverture existante ou en cours de création. Elle vaut pour un mur non porteur, ou pour un mur porteur une fois le projet validé par un professionnel. La démarche est la même pour poser un linteau de porte ou un linteau de fenêtre.

  1. Mesurer et commander : la longueur correspond à la largeur de l’ouverture plus au moins 20 cm d’appui de chaque côté, souvent davantage en maçonnerie ancienne. Pour une porte de 90 cm, prévoyez au minimum 1,30 m.
  2. Étayer : sur un mur porteur, installez des étais et des chandelles des deux côtés du mur avant toute démolition. Des madriers répartissent la charge.
  3. Dégager les logements : creusez les appuis dans les jambages à la hauteur exacte, puis contrôlez le niveau. Les assises doivent être saines, sans pierre qui bouge.
  4. Préparer le bois : traitez les extrémités, plus sensibles à l’humidité. Découpez une bande d’arase ou un film bitumineux qui sera placé sous chaque appui.
  5. Mettre en place : posez le linteau sur un lit de mortier recouvert de la bande d’arase. Vérifiez le niveau sur la longueur et sur l’épaisseur, et calez si besoin avec de l’ardoise ou du bois dur.
  6. Bourrer sans enfermer : garnissez l’espace au-dessus avec du mortier bien serré, sans noyer le bois dans le ciment sur toutes ses faces. Laissez un léger jeu ventilé aux abouts.
  7. Désétayer après la prise : attendez au moins 48 heures, idéalement une semaine en maçonnerie épaisse, avant de retirer les étais.

Comment mettre un linteau dans un mur épais en pierre

Un mur ancien fait souvent 40 à 60 cm d’épaisseur. Une seule poutre ne suffit pas : on pose deux ou trois pièces jumelées côte à côte, ou un linteau côté façade et un arrière-linteau côté intérieur. Le mur s’ouvre par moitié. On commence par le côté intérieur, on bourre, puis on traite l’extérieur. Avancer ainsi limite fortement le risque d’éboulement pendant le chantier.

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Comment poser un linteau en béton préfabriqué

La logique reste proche, avec quelques différences. Le linteau préfabriqué a un sens de pose, souvent indiqué par une flèche ou une mention « haut » : l’armature doit se trouver en partie basse. Il repose sur un lit de mortier frais avec au moins 20 cm d’appui, puis la maçonnerie se poursuit au-dessus. Il ne se recoupe généralement pas, surtout s’il est précontraint : choisissez la longueur standard juste supérieure. Pour une baie large, un linteau coulé sur place dans des blocs en U armés convient parfois mieux.

Linteau bois intérieur, cheminée, abri : les cas particuliers

Au-dessus d’un foyer, le linteau en bois est le plus souvent un manteau décoratif. Il ne doit jamais toucher le conduit ni être exposé directement à la chaleur. Les règles de l’art (DTU 24.1) imposent un écart de sécurité et une protection incombustible. Si vous refaites tout l’habillage, le guide Coffrage pour moderniser une cheminée présente les matériaux qui supportent ces températures.

La fausse poutre décorative se fixe sur tasseaux ou par scellement chimique. Elle n’a aucun rôle structurel et ne remplace pas un vrai linteau. Vérifiez qu’un élément porteur existe bien derrière avant d’habiller une baie.

Dans une construction légère, le linteau de porte reçoit la charge des chevrons ou d’une ferme. Un bastaing doublé ou un madrier suffit souvent, à condition de tenir compte du poids de la couverture. Pour l’estimer avant de dimensionner l’ouverture, aidez-vous du dossier Toiture abri de jardin, qui compare les revêtements.

Après le remplacement d’un linteau de porte, contrôlez l’équerrage du bâti. Un tassement de quelques millimètres suffit pour que le vantail frotte ou que la serrure accroche. Si le pêne ne trouve plus la gâche et que vous restez coincé dehors, la méthode pour Ouvrir une porte claquée vous dépannera le temps du réglage.

Erreurs de pose d’un linteau en bois et conseils pour qu’il dure

  • Appuis trop courts : sous 15 à 20 cm, le linteau écrase la maçonnerie à ses extrémités.
  • Bois enfermé dans le ciment : l’humidité piégée fait pourrir les abouts en quelques années, surtout en façade.
  • Essence inadaptée : un sapin non traité dans un mur humide se dégrade vite et attire les insectes xylophages.
  • Bois trop vert : un chêne fraîchement scié se rétracte et se fend en séchant, ce qui laisse un vide sous la maçonnerie.
  • Démolition sans étaiement : c’est la première cause d’accident sur ce type de chantier.
  • Démarches oubliées : modifier une ouverture en façade demande en général une déclaration préalable en mairie. En copropriété, toucher à un mur porteur suppose l’accord de l’assemblée générale.

Un linteau existant qui fléchit peut parfois être renforcé. On peut le moiser avec deux planches boulonnées, ajouter une cornière acier en sous-face ou le doubler par une seconde pièce. Un bois creusé par les insectes ou ramolli par l’eau se remplace, en revanche : il ne se renforce pas. Pour le savoir, sondez-le avec un tournevis. Si la lame s’enfonce sans résistance sur plusieurs millimètres, il faut changer la pièce.

Linteau de bois : réponses aux doutes avant les travaux

Quelle longueur de linteau prévoir pour une ouverture ?

Prenez la largeur de la baie et ajoutez au moins 20 cm d’appui de chaque côté. Pour une fenêtre de 1 m, il faut donc un linteau de 1,40 m minimum. Dans un mur ancien ou très chargé, les maçons prévoient souvent 25 à 30 cm d’appui.

Un linteau en bois peut-il soutenir un mur porteur ?

Oui, avec une essence et une section adaptées à la charge. Le chêne massif ou le lamellé-collé conviennent. Le dimensionnement doit toutefois être validé par un bureau d’études ou un artisan qualifié, car le poids d’un étage ou d’un plancher se calcule.

Faut-il traiter un linteau bois avant la pose ?

Un chêne ou un douglas purgé d’aubier se passe souvent de traitement dans un intérieur sec. Les résineux doivent être traités au minimum en classe 2, et en classe 3 s’ils peuvent être humidifiés. Dans tous les cas, protégez les abouts, qui absorbent l’eau plus vite.

Peut-on remplacer un vieux linteau bois par un linteau béton ?

Oui, dans un mur en parpaing ou en brique. Dans un mur en pierre ou en terre, le béton crée des points durs et retient l’humidité. Un nouveau linteau en bois y reste souvent le choix le plus sûr.

Peut-on poser soi-même un linteau de fenêtre ?

Sur une cloison ou un mur non porteur, un bricoleur bien équipé peut s’en charger. Sur un mur porteur, l’étaiement et le choix de la section sont délicats : faites au moins valider le projet par un professionnel avant de démolir.

Un linteau bien choisi se fait oublier pendant des décennies. Vérifiez la nature du mur, mesurez des appuis généreux et protégez le bois de l’humidité : c’est de ces trois gestes que dépend la solidité de votre ouverture.